A rock battle between good & evil

Après avoir enseigné à ma sœur the way to kill zombies, on s’est tous les deux décidés à aller voir Megamind, fraîchement sorti au cinoche le 15 décembre dernier. Cette réponse de DreamWorks à The Incredibles de Pixar, concurrent juré sur le marché du film d’animation grand public, raconte l’histoire de deux bambins extraterrestres échoués sur terre après avoir été épargnés in extremis d’un trou noir à l’autre bout de l’univers. Débarqués dans des milieux socio-économiques annonciateurs de leurs destins (bourgeoisie fastueuse et prison pour surdoués), ces deux personnalités aux antipodes (l’un attire toutes les attentions, l’autre est systématiquement rejeté) côtoient la même classe, grandissent ensemble et finissent par devenir le paroxysme de ce que l’on attendait d’eux : un héros vedette adulé et un génie du mal loser hué. Autrement dit, deux ennemis destinés ayant pour enjeux de leur lutte incessante une journaliste sexy, caricature nonchalante de Loïs Lane. L’histoire d’une vie. Sauf que tout va changer lorsque le second parvient enfin à vaincre le premier, et qu’il obtient ce qu’il a toujours convoité : le contrôle de Metro City. La déprime gagne le vilain qui n’a plus de raison d’être sans un gentil à combattre. Il se met alors en tête de donner à la ville un nouveau héros… Titan.

D’un côté, il y a Metroman. La version super héros de Ken en collants dorés satinés du dimanche, mélange de jeune premier et premier de la classe, le gendre idéal, insupportable d’égocentrisme et de répliques situationnelles clichées.

De l’autre, Megamind. Gnome bleu gothique à cape extravagante et piques acérés sur épaulettes, géo-trouve-tout sans crédit à tête ampoulée. Il est indissociable de son éternelle complice : sa nounou (mon personnage préféré), sorte de poisson chat bienveillant qui l’accompagne depuis sa plus tendre enfance et pour qui il a construit un exosquelette poilu. Il y a dans ces deux-là un peu de Minus et Cortex, dessin animé incontournable de la culture cartoon infantile (M. : « Dis, Cortex, tu veux faire quoi cette nuit ? — C. : La même chose que chaque nuit, Minus. Tenter de conquérir le monde ! »).

Au final, cette parodie de Superman n’est pas le film d’animation de l’année (à moins que des navets annoncés dans la verve de Animaux et Cie forment une tendance au box office). Mais pas loin. Les voix françaises (Franck Dubosc et Kad Merad) évoquent vocalement un paysage franchouillard proche des Ch’tis ou de Camping (à conseiller en VO ?). Bon. Mais les personnages principaux sont attachants, la 3D réussie, la BO rock’n’roll aussi. On sourit aux références. Et finalement, on rigole pas mal, cédant à l’ironie impertinente qui parcourt cet anti-comics movie. Si on est en mesure de supporter le message souligné au Stabilo jaune (on devient méchant parce qu’on a toujours été rejeté. Au lieu d’accepter ce rôle par conviction, il faut s’efforcer d’œuvrer pour le bien. C’est l’unique façon d’être reconnu à sa juste valeur, de trouver un sens à sa vie et d’être pleinement heureux. Dis en plus court : Ne vous fier pas aux apparences. On est ce que l’on fait), les twists disneyiens larmoyants (et en même temps, ça donne une profonde humanité réaliste aux personnages), ainsi qu’un happy end qui ampute gravement au concept de déboulonnage de codes (dont la démystification du « héros »), il est possible de passer un bon moment. En quête de divertissement acidulé, Megamind saura te plaire « citoyen lambda ». « HOU HOU HOU HA HA HA !!! »

T.G.

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